En effet, le 27 janvier dernier, lors des questions orales sans débat à l'Assemblée nationale, M. Kossowski s'est adressé à Hubert Falco, secrétaire d'Etat chargé de l'aménagement du territoire, pour connaître les positions du Gouvernement quant au prolongment du RER E.
Le député, qui est également Vice-président de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense, utilise un terme et un ton que nous n'avions pas l'habitude d'entendre chez lui. En effet, pour développer son plaidoyer sur le prolongement jusqu'à La Défense de la ligne E du RER, M. Kossowski parle d' "asphyxie", de "modernisation anachronique", de la saturation du RER A et de la ligne 1ainsi que de "liaison indigne avec principaux points d'accès à l'international". D'après lui, ce projet doit s'inscrire dans la lignée du programme de rénovation du quartier d'affaires, d'autant plus que mes temps actuels tendent à l'investissement public dans de lourdes infrasctructures.
Nous nous réjouissons de cette prise de position courageuse que nous avions défendue lors de différentes enquêtes publiques (révision du POS pour la tour Phare à Puteaux, tours Generali, Carpe Diem et AVA) mais nous nous étonnons que le maire de Courbevoie, Vice-président de l'EPAD, n'ait mesuré plus tôt les conséquences du Plan de renouveau annoncé.
Une réponse évasive du Gouvernement, caractéristique d'une impuissance à anticiper
Toutefois, les réponses apportées par le Gouvernement inquiètent plus qu'elles ne rassurent et on peut même se demander si cette question opportune de Jacques Kossowski n'avait tout simplement pas pour but de préparer l'opinion publique à l'abandon du projet EOLE, promu aujourd'hui par la Région, au profit d'un autre projet très différent. Tout en permettant à Jacques Kossowski de redorer, à peu de frais, son blason en défendant un projet attendu par la population... mais qu'il sait freiné par le Gouvernement.
En effet, par la voix d'Hubert Falco, le Gouvernement a fait savoir que la RATP allait augmenter ses capacités grâce aux rames à double étage et qu'un nouveau réseau de transport, reliant La Défense à Roissy, était à l'étude au sein du secrétariat d'Etat chargé du développement de la région capitale. Ce dernier dispositf, ayant pour vocation de "désaturer" les transports, devrait ainsi être arrêté prochainement. Aucun mot sur le projet EOLE ! Les solutions proposées sont complémentaires mais ne remettent pas en cause son utilité.
Par ailleurs, M. Kossowski a insisté sur l'urgence d'une décision, eu égard l'effectivité de la ligne E qui n'arriverait à La Défense pas avant 10 ans !
Ainsi, l'inadéquation entre flux humains et offre de transports ne pourra pas être résorbée avant 2020, voire 2025. En attendant, les habitants et les usagers de La Défense continueront à subir les conséquences d'un manque d'anticipation des pouvoirs publics et l'incurie des gouvernements successifs pour décider et dépasser leurs rivalités.
(photo : Flicker)
Pour lire l'intégralité de la question, http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2008-2009/20090137.asp#P432_127505
Bride d’Union entre Roissy Et La défense
Le plan de développement ambitieux de la Défense, la requalification des friches industrielles de la boucle nord des Hauts-de-Seine en quartiers de logements et de bureaux, la mutation du port de Gennevilliers second port fluvial européen, obligent à repenser l’aménagement du territoire dans le nord du département.
La proximité de l’aéroport de Roissy renforce le flux de déplacement quotidien entre le nord de la région et le pôle de La Défense. Les liaisons ferrées existantes entre Roissy et La Défense passent par les gares du cœur de Paris qui sont déjà saturées (Gare du Nord, Chatelet, Saint Lazare). Le projet EOLE est une solution partielle à la dé-saturation de la ligne A qui répond aux désagréments des usagers des transports en commun.
Les déplacements dans les Hauts de Seine sont aujourd’hui dominés par les modes de transports routiers, en particulier sur l’axe Nord-Sud. La réalisation d’une nouvelle ligne de RER directe entre Roissy et La Défense en passant par Saint-Denis permettra de reporter une grande partie de la circulation automobile vers les transports en commun. Cette ligne en correspondance avec la ligne du RER C à la gare des Grésillons doit être intégrée dans les projets d’aménagement locaux pour donner un nouvel équilibre à notre territoire.
Rédigé par : Pierre-Nicolas BUREL | lundi 16 février 2009 à 23h48