La modernisation de La Défense est indispensable, mais le projet voulu par l'Etat, dans la forme et dans la méthode, n’est pas acceptable :
- Un modèle injuste et dépassé : le Plan de Renouveau de la Défense n’est pas un projet urbain –ce qui aurait justement pu être intéressant pour redonner de l’urbanité à un territoire hors-sol. C’est uniquement un projet immobilier de tours fait par et pour les promoteurs, sans se soucier ni des habitants ni de l’environnement. L’EPAD, l’établissement public chargé de son aménagement, suit ou impulse ce mouvement pour récupérer des droits à construire, au détriment des habitants actuels, broyés par des intérêts privés. Aujourd’hui, - toutes les études d’urbanisme le montrent clairement -, l’attractivité d’un territoire ne se mesure plus au gigantisme des tours, façon Manhattan, Dubaï ou Singapour (il n’y a plus que Nicolas Sarkozy pour y rêver), mais sur la qualité des services proposés aux entreprises, aux salariés et aux habitants, sur la facilité d’accès et sur la convivialité des lieux.- Un modèle déshumanisé qui accentue les déséquilibres régionaux : on va construire des palaces, des spas, des logements de luxe (plus de 10 000 euros le m2) et dans le même temps détruire du logement social et intermédiaire, alors que la Région en manque. En créant un « ghetto de luxe » au détriment des classes populaires et moyennes (obligées de se loger de plus en plus loin), ce Plan accentue et accroît la ségrégation spatiale et sociale qui mine notre Région. Continuer à construire à outrance des bureaux à l’ouest parisien, oblige les salariés à de longs déplacements dans des conditions indécentes, en raison de transports en commun déjà saturés. On créé un quartier « froid », surdensifié en journée, vide et insécurisé en soirée, à l’inverse des propositions faites par les architectes du Grand Paris qui proposent d’inventer une ville nouvelle, polymorphe et polycentrique, avec des éco-quartiers vivants.
- Un quartier non durable : malgré l’habillage du modèle en labels HQE « dernière génération», le développement de la Défense sous forme de très hautes tours est totalement énergivore. L’affichage « développement durable » n’est alors qu’une façade et ne dit rien sur la saturation des lieux, la pollution visuelle, le vieillissement accéléré des infrastructures, les micro climats induits (vent, ombres portées...), la perte de luminosité, le bruit de fond, les déséquilibres sociaux et la déshumanisation des lieux qui sont à l’opposé d’une « ville durable » et d’un développement soutenable.
- Une fuite en avant financière, qui peut fragiliser durablement la Région: le modèle économique de développement de la Défense est basé sur la vente de droits à construire pour financer les lourds et coûteux réaménagements de la Dalle et du boulevard circulaire que nécessitent les nouveaux projets. Une dalle qui a beaucoup vieilli (plus de 40 ans sans entretien), qui n’est plus aux normes de sécurité et qu’il va bien falloir prochainement entretenir, évaluer et rénover. Les coûts de cette remise en état, sans être encore connus, seront très lourds. Ce non –dit est une épée Damoclès qui pèse au dessus des collectivités locales, au moment où celles-ci se voient supprimer les rentrées de la taxe professionnelle. La rentabilité financière des investissements immobiliers est incertaine en période de crise et les promoteurs cherchent aujourd’hui à négocier au prix bas ces droits à construire. De nombreux projets sont d’ailleurs reportés.
Quant au coûteux projet de métro automatique pour relier les différents pôles économiques de la Région, dont la Défense, il va absorber la majorité des investissements en transports disponibles sur 10ans, accentuer la surdensité du quartier, sans apporter une réelle amélioration de l’offre globale de transports au quotidien dans l’Ile de France.
- Une gouvernance centralisatrice, non démocratique, et non respectueuse des habitants : La forme juridique de l’OIN dessaisit par définition les Conseils municipaux de leurs compétences locales, au profit de l’EPAD et de l’EPGD (établissement public chargé de sa gestion, rebaptisé « Defacto », qui décident, administrent et aménagent presque seules le territoire. Evolution encore renforcée par la fusion prochaine EPAD/EPASA qui réduit la représentation des villes a 1 représentant par commune (l’Etat en a 8, la Région 1 et le Conseil général 2). Sans compter que l’EPAD ne s’est ouvert à aucune forme de participation ou d’échange avec les habitants, leurs associations, ni les représentants de l’opposition dans les différents Conseils municipaux. Les élus Modem ont à plusieurs reprises dénoncé l’abus de pouvoir qu’imposent l’OIN et la mise en œuvre du projet présidentiel aux droits d’expression et de défense des intérêts d’une population à qui son destin échappe.
A suivre..
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