Lors de la réunion organisée le 12 juin dernier par l'EPAD, M. Chaix, directeur général, annonçait que le cas de La Coupole à La Défense était réglé : l'Etablissement public avait revendu le centre commercial à la Foncière immobilière bordelaise pour un euro symbolique et en contrepartie, l'investisseur avait obtenu de construire 8 000 m² supplémentaires.
Ce choix de l'EPAD est dû au changement de mission de l'établissement depuis la loi de février 2007 ; mais aussi parce que le centre n'était plus aux normes (amiante et système incendie défectueux), à tel point que la Préfecture et les commissions de sécurité avaient déjà exigé la fermeture de La Coupole. Une fermeture qui était initialement prévue le 30 juin dernier.
Toutefois, pour les commerçants, la situation n'est pas si claire qu'elle ne paraît. Certains ont décidé de rester tant qu'ils n'auront pas perçu les indemnités nécessaires à leur départ, notamment pour payer les indemnités de licenciement ou faire face aux remboursements des emprunts. De fait, une trentaine de commerces sont encore ouverts, ce qui n'empêche pas l'EPAD de faire monter des cheminements cloisonnés à l'intérieur du centre à l'aide de plaques de plâtres dont des dizaines de palettes ont été livrées dans les allées. Pour intimider les réfractaires, les dirigeants de l'établissement public n'auraient pas fait mieux !
Alors que le Préfet a décidé de suspendre les travaux du centre jusqu'au 31 août, le pire a été atteint dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 juillet. L'EPAD est de nouveau entré dans l'illégalité : une dizaine d'ouvriers est venue pour condamner le passage reliant la galerie RER, ainsi que les sorties vers Courbevoie. Les commerçants avertis ont dû faire face aux ouvriers, mais également à des agents de sécurité. S'est suivie une bousculade au cours de laquelle une commerçante a été molestée (10 jours d'ITT). Le commissariat de police de La Défense a dû intervenir pour faire démolir les murs construits, en application de la décision préfectorale. Dorénavant, les commerçants sont sur le qui-vive et s'organisent en réseau afin de ne pas revivre la même situation.
Les élus MoDem de La Défense dénoncent ces pratiques similaires à celles employées dans le dossier des Damiers. Il ne s'agit rien d'autre que d'employer la peur pour faire craquer ces commerçants soutenus par les habitants du quartier Regnault ainsi que par les employés de Total et Areva.
Par courrier du 17 mai 2010, Mme Ceccaldi-Raynaud, présidente de l'EPAD, rassurait les commerçants en expliquant que "les administrateurs suivaient avec la plus grande attention le déroulement de cette affaire afin qu'elle se clôture dans l'intérêt de tous : propriétaires bailleurs, bailleurs et salariés." Quant à M. Kossowski, lors du dernier conseil municipal en date du 30 juin, semblait gêné par la situation et déclarait avoir écrit au président de la Foncière immobilière bordelaise pour exprimer son "mécontentement" quant au traitement des commerçants à indemniser. Mais qu'en pensent le vice-président de l'EPAD et les autres administrateurs des pratiques de l'établissement public ?
Les élus MoDem de La Défense soutiennent les commerçants dans leur démarche et sont signataires de leur pétition.
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