➢ Nous regrettons tout d’abord que l’enquête publique n’ait pas été prolongée de quinze jours comme le permet la loi Bouchardeau, d’autant plus que nous étions confrontés à deux enquêtes publiques simultanées.
Nous déplorons aussi les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette enquête publique lors des dix premiers jours et le vendredi 28 mai. En effet, nous étions contraints de consulter le dossier sur une table d’un mètre de diamètre au service urbanisme, le tout en présence de quatre autres personnes, dans un inconfort extrême. C’est pour cette raison que nous vous avions demandé votre accord afin d’obtenir le dossier en version numérique auprès d’Unibail-Rodamco. Et nous regrettons tout aussi vivement que M. Habillat, responsable de l’opération chez ce promoteur, n’ait pas daigné donner suite à cette demande, malgré nos relances téléphoniques. Habituellement, les maîtres d’ouvrage ont une attitude plus cordiale !
➢ Un projet dont les consommations énergétiques sont occultées :
- Nous sommes au regret de constater que, dans le dossier d’études d’impact, aucune estimation de la consommation énergétique n’a été réalisée ? alors même que le projet se donne pour ambition la certification HQE et que pour la cible « gestion de l’énergie », il est même envisagé un niveau « très performant » !
- Dans la même ligne, concernant les autres cibles ayant pour objectif un niveau « performant » et conforme à la réglementation, quatre sur les sept ne sont pas visées par l’étude d’impact : confort hygrothermique, confort visuel, qualité sanitaire des espaces et qualité sanitaire de l’air. Par conséquent, nous nous permettons de douter des allégations du maître d’ouvrage qui relèvent plus d’un exercice de communication que d’une véritable volonté de présenter un outil raisonné d’évaluation.
Cette priorité donnée à la « communication » est corroborée par le fait que les éoliennes ne sont qu’un gadget qui contribuera à une faible économie : 100 000 kWh/an, soit 1,36% de la consommation annuelle de ce projet, dans l’hypothèse d’une consommation de 50 kWh/m²/an. Sans compter les pertes d’énergie entre la centrale et le lieu d’approvisionnement avec un ratio de 2,5 ; soit un total d’électricité produit de plus de 18.000 MWh/an. Nous nous étonnons aussi sur la possibilité d’installer des éoliennes car, lors de l’enquête publique relative à la révision du POS en juillet 2008, la Direction générale de l’avion civile y était opposée.
La part donnée à la valorisation de cet équipement et le « flou » qui l’entoure relève, à notre sens, plus de la propagande que de l’objectivité scientifique.
➢ Accès et transports :
- Nous tenons à vous rappeler la saturation actuelle des transports, dont pâtissent quotidiennement les usagers : 60.000 usagers du tramway T2 voire plus dès 2010 avec le prolongement jusqu’au pont de Bezons, 200.000 usagers de la ligne 1 et 1.000.000 de personnes sur le RER A.
Lorsque le maître d’ouvrage compte sur les améliorations des transports en commun, il commet des erreurs que nous ne pouvons cautionner. En effet, contrairement aux espérances du rapport Lelarge, le prolongement du RER E ne sera pas effectif avant 2020, voire 2025, voire jamais ! Car le financement n’est pas trouvé à cette heure. Avancer l’hypothèse prochaine d’un prolongement relève à cette heure d’une pure spéculation !
De même, les améliorations sur le RER A restent très sujettes à caution : même en augmentant la capacité d’accueil des rames et de leur fréquence, les quais, déjà surpeuplés, ne pourront accueillir plus de personnes qu’actuellement. Ces solutions, louables de prime abord, vont accroître l’insécurité (bousculades, malaises…) pour les usagers. Enfin, l’argument selon lequel le réseau Transilien pourrait être développé avec des navettes plus régulières entre Paris-Saint-Lazare et La Défense est fallacieux car le réseau ne le permet pas et la capacité d’accueil de la gare Saint-Lazare en terme de voies est insuffisante. Sans compter le nombre de jours de grèves qui affectent annuellement la Gare Saint Lazare…
De plus, en mettant en avant les améliorations sur le RER A, le maître d’ouvrage s’est permis de manipuler les statistiques de l’ « Enquête générale transport » menée en 2006 par L’EPAD. Celle-ci déclare que 37,3% des salariés viennent en RER et 27,4% par le métro. Le maître d’ouvrage avance des chiffres très différents : 51,2% viendrait en RER et 16% en métro. Le problème, c’est que pour chaque ratio, il y a plus de 50% d’écart, sur lesquels on aimerait avoir des justifications claires. Car à jouer avec les chiffres, chacun peut finir par dire n’importe quoi. Ces chiffres, s’ils sont une projection partagée et pas seulement un projet d’intention, doivent être contractuellement et officiellement publiés, de sorte qu’on ne « découvre » pas, durant ce chantier comme un autre, des « écarts » qui deviendraient rapidement insupportables et que nous ne manquerions pas de dénoncer.
Ce projet et tous ceux qui s’inscrivent dans le Plan de Renouveau de La Défense vont générer de très nombreux flux dont on ne voit pas comment on pourra les résorber au mieux avant une décennie. C’est un dossier qui doit être clarifié d’urgence par l’aménageur.
- S’agissant du stationnement automobile, le nombre de places restera très insuffisant sachant que 10,4% des salariés du quartier d’affaires viennent en voiture selon l’ « Enquête générale transport ». A l’achèvement du projet, la population venant en véhicule serait donc 832 personnes (sans pondération) alors que la concession entre le maître d’ouvrage et SEPADEF, gestionnaire des parkings de La Défense, ne prévoit que 105 places. Comment feront les 727 autres employés ? Et où iront-ils ?
En pondérant les chiffres issus de l’ « Enquête générale transport », le maître d’ouvrage se donne bonne conscience et minimise les capacités nécessaires. Pis encore, il est conscient de cette différence lorsqu’il estime à 390 le nombre de salariés en voiture. Nous en concluons que les employés lésés devront eux-mêmes s’acquitter des frais d’abonnement au parking. Dès lors, nous vous demandons d’apporter une réserve sur ce point dans votre rapport et vos conclusions pour remédier à cette inégalité.
➢ Des impacts négatifs pour les habitants du Faubourg-de-l’Arche à Courbevoie :
- Concernant l’impact sur l’ensoleillement, nous sommes surpris de constater que les maquettes sont erronées car la tour T1 semble mal localisée, laissant présager un doute sur le sérieux de ces simulations.
De même, ce projet a pour conséquence d’aggraver la situation dans le quartier du Faubourg-de-l’Arche, notamment en hiver, période à laquelle le quartier est dans la pénombre. La tour Phare ne fera que dégrader un quartier dont les atouts ont été vantés lors de sa construction !
- Quant à la passerelle qui relie ledit quartier à la place Carpeaux et qui sera condamnée pendant quatre ans, nous tenons à vous informer que les habitants ont dû batailler pendant des années pour qu’elle soit reconstruite. Et aujourd’hui, on nous apprend qu’elle va être détruite au profit d’une installation temporaire dont la localisation n’est pas encore déterminée mais qui le sera en concertation entre le maître d’ouvrage, l’EPAD, Defacto ainsi que les communes de Courbevoie et Puteaux.
Sur ce point, nous vous demandons solennellement que, dans votre rapport et vos conclusions, que vous intégriez l’obligation d’élargir le groupe de réflexion aux habitants de Courbevoie, aux associations spécialisées et aux usagers de La Défense.
Alors qu’une politique de communication devrait être mise en œuvre à l’attention du public, nous souhaiterions qu’un interlocuteur direct soit prévu à cet effet sur les lieux et non pas une simple signalisation.
- Sur le ventement, nous constatons un accroissement des nuisances générées par le projet sans qu’aucune véritable solution concrète ne soit proposée. En effet, dans le chapitre réservé aux mesures compensatoires, il est prévu une « recherche concertée des solutions fonctionnelles compatibles avec l’environnement architectural, un test en soufflerie, une validation finale… ». Cependant, les allégations relèvent plus de la déclaration d’intention que de véritables engagements de la part de l’aménageur sans pour autant définir les acteurs de la concertation.
- Enfin, concernant le chantier, nous nous émouvons de l’impact environnemental avec le déplacement de 15 camions par jour lors de la phase préparatoire, 80 par jour lors des travaux d’infrastructure et 50 par jour lors des travaux de superstructure. Ceci ne sera pas sans incidence sur la circulation et sur les effets de pollution que subissent les habitants du Faubourg-de-l’Arche. Comment lisserez-vous la circulation sur les années de chantier ? A quelle communication vous engagez-vous ?
➢ Une nécessité de clarifications de la part de l’aménageur du quartier d’affaires :
- Plusieurs aménagements sont prévus par l’EPAD mais nous souhaiterions des précisions sur l’aménagement paysager sur la place Carpeaux, les mesures de compensation en raison de l’accroissement du ventement ainsi que la localisation de la future station de taxis.
➢ Enfin, architecturalement, ce projet n’a aucune cohérence et risque même de dénaturer les emblèmes de La Défense que sont le CNIT et la Grande Arche avec des différences respectives de 249 m et 174 m.
Ce projet est à la démesure de ce que le Plan de renouveau veut faire de La Défense.
Il accentue le déséquilibre « transports/emploi/logement » alors que c’est une question prioritaire dans le développement d’un quartier d’affaires.
Il manque de sincérité et ne s’inscrit pas dans une vision globale où le projet est regardé dans sa contribution à l’ensemble d’un quartier.
Nous espérons que vous saurez accorder à notre argumentaire toute la place qu’il mérite d’avoir et vous prions de recevoir, Madame le commissaire enquêteur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Pierre LAROCHE, Courbevoie
Les élus de Puteaux : Christophe GREBERT et Sylvie CANCELLONI
Les élus de Courbevoie : Martine VOLARD et Patrick BOLLI
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