Publié sur le blog de Sylvie Cancelloni, du MoDem de Puteaux :
Sous l’ingénu libellé de « requalification du circulaire de Puteaux », la commune de Puteaux et l’Etablissement Public d’Aménagement de La Défense (EPAD) viennent de lancer une nouvelle enquête publique sur la révision de notre Plan d'Occupation des Sols (POS).
A
Puteaux,
on sait ce que c’est : il n’y a jamais personne. La majorité locale,
qui ne sait pas trop ce qu’est un « débat public » pratique de longue
date « l’information minimum légale » (vous savez, celle des sucettes
publiques sur lesquelles personne ne s’arrête jamais !). La
municipalité affiche quelques panneaux maigrelets dans le hall. Où
exile un brave commissaire-enquêteur dans une salle du 1er étage. Et
une enquête emballée, une !
Cette fois-ci, il s’agit donc
d’étudier ce projet de raccordement de la dalle à la ville et
d’aplanissement du circulaire, représenté sur les dessins des brochures
publicitaires de l’EPAD comme une ravissante avenue bordée de piétons
et d’arbres verts. Reposant comme enquête, d’autant que le maire (et
décorateur-en-chef de la ville) répète à l’envi que « ça va faire joli
». Bon, nous avions vraiment l’impression de faire du zèle en y allant !
Quelle
ne fut pas notre surprise quand, entrouvrant la porte du
commissaire-enquêteur un matin morose de la semaine passée, nous avons
trouvé la salle pleine de gens !Toute pleine de gens béants
de stupéfaction. Habitants de Boieldieu, La Défense 2000 et la Tour
Eve, alertés par des messages dans leurs ascenseurs, ils venaient de
découvrir la réalité de la situation. Car derrière l’affichage «
joli-tout-propre » du projet, se cache une opération immobilière plus
préoccupante que la ville s’est efforcée de nous cacher :
les
terrains récupérés sur le circulaire sont mis à disposition de l’EPAD.
L’EPAD a besoin d’argent. Sous couvert de l’abaissement du boulevard
circulaire, et en lieu et place, l’EPAD nous demande des droits à
construire de plus de 300 mètres de hauteur ! Pour des tours de bureaux.
Juste sous (ou plutôt au dessus) les fenêtres de nos habitants,
atterrés par la nouvelle, inquiets à juste titre de leur qualité de vie
et pour la valeur de leurs biens. Car la plupart sont propriétaires et,
en leur temps, ont pris des risques pour venir habiter à La Défense.
Pour l’humaniser à un moment où La Défense cherchait à mettre des
habitants sur sa dalle.
La Défense ne veut plus des hommes.
C’est aujourd’hui un froid projet immobilier qui se déroule
implacablement, dans le silence des maires, dans l’ombre des cabinets
ministériels. Ce qui rapporte, c’est le bureau : bonjour l’homme
d’affaires, exit l’habitant. Depuis le mois d’août s’est organisé, dans
le secret le plus absolu, un gigantesque « hold-up » au nom sibyllin de
«
fusion de l’EPAD/EPASA et extension de l’OIN ».
Objectif : se substituer aux Maires et aux élus sur d’immenses
territoires de La Défense. Les villes n’ont plus leur mot à dire :
elles sont démises de leurs prérogatives ; elles ne sont pratiquement
représentées ; les élus encore moins ;
les habitants deviennent une simple variable d’ajustement qu’on jette quand ça dérange.
C’était déjà comme cela avant : maintenant c’est pire. Car il n’a
échappé à personne que la réforme de la taxe professionnelle avance
très vite et que la richesse qui nous a fait taire est en voie de
s’achever.
Les habitants de
La Défense auraient pu ne s’apercevoir de rien jusqu’au jour où les grues leur auraient ouverts les yeux. A
Courbevoie,
les habitants des Damiers, propriétaires et locataires, ont découvert
par un article dans la presse, que leur zone d’habitat faisait l’objet
d’une nouvelle promotion immobilière de bureaux à La Défense.
Nanterre se voit confisquer la moitié de sont territoire !
La Garenne-Colombes d’un quart.
Les
maitres se taisent et leur silence fait du bruit. La nôtre (notre
maire) se tait aussi. Et je me demande si c’est parce qu’elle n’a pas
le choix ou parce qu’elle n’a rien compris…
Sylvie Cancelloni
Conseillère municipale MoDem de Puteaux
Membre du groupe de travail des élus MoDem des communes de La Défense(photo : Flickr)
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